Monday, July 13, 2009

Dans la tête d'une future mariée

"Tu sais un homme, ce n'est pas nécessaire. Moi-même qui me marie bientôt, je le fais surtout pour sortir de chez mes parents tu sais!"

Sur le coup, je n'ai pas su comment interpréter cette tirade. Essayait-elle de faire de l'humour, de minimiser la pression, de me consoler d'une récente rupture?

A l'entendre, ma liberté et mon indépendance étant déjà garanties, je n'avais plus aucune raison de m'inquiéter ou de me poser des questions. J'optais alors pour la "tentative de consolation" comme explication logique à ses paroles. Jusqu'au jour où, tout récemment, je me rendis compte que c'était un véritable phénomène social qui se manifestait devant moi, une tendance de plus en plus forte, de plus en plus fréquente.

Ce n'était pas un cas isolé. Au fil des jours, une, deux, trois histoires se sont succédées à mes oreilles. Entre la grande histoire d'amour de plusieurs années tombant à l'eau pour une raison des plus banales, le mariage surprise qui a tourné au cauchemar, l'histoire de la fille naïve qui s'est transformée en prédateur après une union quasi imposée ... étais-je sous le choc? Je ne suis pas sure que la surprise soit si grande au fond. C'est plutôt une consternation en observant les restes de ce qui fût, aux yeux de beaucoup, tour à tour une réussite, une jolie histoire, un mini scandale romantique très critiqué ... pour s'avérer être tout simplement un arrangement pragmatique dont le but ultime (mais pas le seul) tenait en un mot: la libération.

Oui il existe une femme tunisienne qui se marie peut être par amour ou pour l'argent, pour la famille ou pour la société, pour faire plaisir ou pour se révolter ... peu importe, tout ceci n'est qu'une version de l'histoire, en partie vraie probablement. Mais une raison beaucoup plus forte, plus puissante, plus solide anime cette femme: se libérer. S'il le faut au prix d'un mariage condamné, d'un divorce, d'un enfant déchiré entre ses parents. Sortir de la maison paternelle, ne plus dépendre de sa famille, pouvoir vivre seule, prendre des décisions par elle-même, être en marge de la société et du coup s'en libérer pour de bon ... si le mari n'est pas très encombrant, il peut rester ... peut être peut-il s'avérer agréable de vivre avec lui. Mais si ce n'est pas le cas, tant pis, peu importe, ce n'est pas l'essentiel.

"Sérieux, même si ça ne marche pas et qu'on divorce, ce n'est pas grave. Je me serais cassée d'ici".

La femme tunisienne serait-elle devenue cynique? Qui blâmer au final? Cette femme prête à tout pour se défaire d'un lien familial dont le poids ne s'efface que par l'union avec l'étranger, même pour un temps? Ses parents qui l'ont gardée jalousement dans le cocon familial, avec un droit de vie ou de mort sur chacune de ses aspirations et chacun de ses rêves? La société qui s'occupe soigneusement d'inventorier ses gestes, les étapes et les objectifs suprêmes atteints ou non et de porter un jugement impartial et implacable sur sa vie? L'homme tunisien qui la choisit sans trop savoir ou sans trop comprendre ou sans trop se soucier de ce qu'elle veut et de ce dont elle a besoin?

Serait-ce tout simplement une énième manifestation de la contradiction éternelle entre une tradition préservée pour le bien de tous, et de nouvelles aspirations sur lesquelles aucune analyse ne s'attarde? La compatibilité entre ses racines et ses désirs est-elle à ce point condamnée?

Derrière la robe de mariée, d'une blancheur éclatante, derrière le regard de cette jeune femme, brillant d'espoir, je détecte aujourd'hui un fond d'amertume. Oui cette femme aussi veut être heureuse avec l'homme qu'elle a choisi. Oui elle cette femme a aimé, a rêvé, a eu ce sourire béat devant son homme. Mais si ça ne marche pas, tant pis, elle aura essayé ... et elle sera libre.

Friday, July 03, 2009

Liberté d'expression: Terre promise?

Comme tous les idéaux, celui-ci m'a fait rêver. L'idéalisme a parfois le pouvoir magique d'une drogue qui fait miroiter l'espoir d'un 7e ciel dans une vie faite de banalités.

Pour ou contre la liberté d'expression? La question ne se pose même pas. Mais j'ai mis du temps à voir que derrière cette question, il fallait qu'on s'en pose bien d'autres.

Revenons au tout début ... comme beaucoup ici et ailleurs j'ai vaillamment défendu des initiatives "blogo-citoyennes". Nous n'espérions probablement pas changer le monde.
Je crois que, tout au fond de chacun d'entre nous, il y avait une envie secrète de sentir que nous faisions partie d'un groupe au dessus de la médiocrité et de l'immobilisme. Un beau rêve ne peut que réunir.
Je pense aussi que nous étions tous conscients que cela ne pouvait en aucun cas être véritablement efficace, même si nous ne l'avons jamais avoué. Et de quelle efficacité parlons-nous d'ailleurs? Quels résultats étaient attendus? Abattre la censure? casser les paires de ciseaux de l'arbitraire et de la bêtise? Ouvrir les portes et les fenêtres dans un château sombre? ... Non, nous savions bien depuis le début que ce n'était pas cela. Le plus important pour nous était d'être nombreux, un jour donné, pour dire d'une même voix un même message honorable.

C'était peut être une tentative -consciente ou inconsciente- de nous désolidariser de la masse dormante, ou d'ôter de nos visages la poussière sous laquelle nous étions ensevelis.
Le simple fait de dire, d'une même voix, un "Non" à la face de l'injustice intellectuelle dans laquelle nous nous sentions maintenus était probablement un but en soi, l'objectif suprême. Et cette envie, réalisée à 10, 100 ou plus, avait l'effet euphorisant des grandes rencontres, de l'union sacrée. Tous ensemble contre la censure! Oui nous sommes tous ensemble, mais c'est tout!

Quelques années plus tard, les journées se ressemblent, on appelle toujours à abattre les mêmes murs. Alors que je retrouve un semblant de conscience de ma propre arrogance passée, je vois d'autres s'enthousiasmer, probablement avec toute la bonne volonté du monde et en toute honnêteté, dans ce bain fait d'envie. L'envie de liberté.

Ceci doit-il cesser? Je refuse d'y croire. Ce serait un aveu d'échec dont je ne subirai pas l'effet handicapant. Rien ne nous empêche, seul ou à plusieurs de dire, un jour par an, ou tous les jours que Dieu fait, que nous sommes contre l'arbitraire, que cela commence à bien faire, que nous en avons par dessus la tête de vouloir ouvrir une page, lire un article, voir une vidéo et de devoir faire tout un circuit du combattant pour atteindre la Terre Promise. Mais après?

N'aurions-nous pas -et c'est bien ironique finalement- perdu de vue l'essentiel? détourné la discussion? à nos dépens qui plus est!

Agir n'a un sens que lorsque nous savons et que nous avons bien conscience de la place, du rôle, de l'objectif de chaque chose. Et vous voulez que je vous dise? Après une longue réflexion, et bien que je continue à défendre certains d'entre nous qui y croient encore,la liberté d'expression ce n'est pas un combat politique. C'est en réalité bien plus que cela: une façon d'être, une conviction intime, un réflexe, certes brimé par moments, mais qui doit rester en vie, quelque part au fond, et être exhibé avec mesure, efficacité. La liberté d'expression n'est pas censée être dispersée aux quatre vents, hurlée sur les toits étendards en main. Ce n'est pas un slogan, c'est une vérité absolue qui s'impose par une conscience collective, un accord tacite qui repousse les barrières jour après jour, centimètre par centimètre.
Ce ne sera jamais un cadeau, ce ne sera jamais un don, ce ne sera jamais une récompense.

Voilà plusieurs jours que je suis ici parmi vous, en train de contourner patiemment les obstacles à chaque fois que je veux me balader au gré des pages. C'est presque un jeu d'enfant quand on le prend avec une pointe d'humour et de distance. Certes, ce saut d'obstacles ne devrait pas exister, mais est-ce vraiment la source du problème ou une de ses innombrables conséquences? C'est une question dont j'ignore encore la réponse. Aussi difficile à résoudre pour moi que la question de l'oeuf et de la poule. Mais comment connaître la réponse définitive? et existe-t-elle vraiment?

La démocratie est-elle synonyme de liberté, la liberté donne-t-elle accès à la démocratie? laquelle précèdera l'autre?

Et si nous disions quelque chose de plus radical, de plus définitif?

Et si la liberté d'expression n'était pas un débat politique?

J'en suis de plus en plus convaincue. La liberté d'expression ne peut être le discours d'un parti contre un autre. La bataille politique ne pourra jamais se construire là dessus. Ce serait presque un signe de mépris envers nos concitoyens de penser que seul notre envie commune de liberté pouvait apporter le bonheur au peuple.

J'entends déjà hurler au blasphème, et je le comprends. Nous sommes nombreux à avoir été un jour ou l'autre choqués par une sentence sans appel: "la liberté d'expression n'est pas une priorité". Quelle horreur direz vous!

Est-ce que j'accepte cette sentence aujourd'hui? Encore une fois, je m'y refuse. Je ne peux prononcer ces mots sans un arrière goût amer. Par contre je veux bien avouer aujourd'hui que ce n'est pas LA réponse. Ce ne peut être qu'un outil parmi d'autres, un objectif qui apportera plus d'air, un plaisir que nous voulons tous éprouver un jour, vivre à chaque instant, exercer à chaque acte de la vie quotidienne. Mais on ne construira jamais une quelconque relève avec des mots, même les plus justes, les plus honorables, les plus courageux.

La liberté d'expression ne peut être qu'une composante, certes lumineuse mais bien fragile, dans un débat politique.

Serait-je devenue cynique? ou simplement pragmatique? Quelqu'un aurait-il réussi à me convaincre le baisser les bras?

Peut-être suis-je déçue tout simplement ... déçue que la liberté n'ait pas trouvé de support solide, fait d'actes importants, de schémas aux contours clairs, de propositions réalistes, d'alternative consistante, de conscience et d'honnêteté intellectuelle.

Où sommes-nous aujourd'hui? Dans une prison dorée dont seuls les barreaux nous retiennent prisonniers? Nous en sommes bien loin. Et ce serait une bonne chose si chacun, loin de toute tension, de toute polémique, de toute accusation, se posait quelques questions.

En attendant de trouver les réponses, je cherche encore...

Saturday, May 09, 2009

29


Il y a un an, je m'étais plongée dans une douce illusion. Je pensais avoir atteint une étape cruciale, un palier sur lequel je pouvais m'attarder, une forme de bonheur dont je pourrais me contenter.

Il y a un an, je m'étais drapée dans le costume de la jeune femme libre qui accepte un jour de faire des concessions. Ce que je ne savais pas, c'est que je ne faisais pas les bonnes.

En un an, beaucoup de choses ont changé. Un jour, je m'en rappelle précisément, j'ai effleuré du bout des doigts la première pièce de domino, saisie par un doute insupportable, perdue entre ma véritéet mon image, et l'édifice s'est écroulé sans que je puisse y changer quoique ce soit. J'ai cru un moment que c'était ma vie qui tombait en miettes. Je me suis effondrée, et j'ai beaucoup pleuré.

Au bout d'un an, j'ai ouvert les yeux sous le soleil. En laissant le temps faire son effet, je me suis rendue compte que ce je croyais avoir perdu n'avais pas l'importance capitale que je lui ai donné, et que ce que je gagnais était bien mieux.

Une leçon s'est imposée à mon esprit. Le véritable bonheur est celui que l'on construit pour soi par sa façon d'être, sans avoir à oublier ses convictions et ses attentes. La confiance et le respect qu'on mérite, les liens véritables que l'on construit, le plaisir tout naturel d'aimer des gens et de partager avec eux les petites joies quotidiennes.

En un an, des gens autour de moi ont tour à tour respecté mon silence et m'ont enveloppé de leur tendre protection. Des gens ont cru en moi et m'ont soutenue. Des gens m'ont poussé plus loin que je n'aurais jamais cru arriver.

En un an, je me suis découvert une nouvelle force. Au fond de ma tourmente, j'ai réussi à me réveiller tous les matins, à marcher dans le froid et à me plonger dans la vie au milieu des gens. J'ai même réussi à rire du fond du coeur des joyeux délires de mes complices de tous les jours. Et j'ai réussi à faire semblant devant mes proches que j'étais plus forte et plus sure de moi que jamais, quand au fond j'avais l'impression de disparaitre.

Il y a encore quelques semaines, j'ai cru que ce jour allait être très dur à vivre. J'ai eu l'illusion de la solitude et la vision brouillée.

Aujourd'hui, ces quelques personnes qui avaient assisté à ma mise à mort et à ma renaissance, ont été ma bouée de sauvetage et m'ont empêché de sombrer, sont toujours là, fidèles au poste.

Aujourd'hui, je vais bien. Plus libre et plus forte que jamais. Je me suis reconstruite, j'ai repris connaissance, et j'ai réussi à retrouver ma capacité de rêver.

Aujourd'hui, je prépare déjà mes prochaines réussites, mes nouveaux projets, mes nouvelles aventures.

Aujourd'hui, j'ai 29 ans. Merci à tous ceux qui s'en sont souvenu, et ceux qui s'en souviendront...

Sunday, April 12, 2009

Mascarades 2: Le concert qui n'eût jamais lieu ... (vous êtes surs? :/)


Le premier épisode
oscillait entre l'incompétence de certains et les rumeurs nauséabondes déclenchées par les autres et a donné lieu à une vague de bruits confus où on ne voyait pas la limite entre la réalité et le fantasme. La déception des fans se mêlait à la gêne de tous face à cet énorme cafouillage.

Nous pensions avoir touché le fond. C'était compter sans notre glorieuse presse nationale. Car après nous avoir charmés par son professionnalisme, son patriotisme exacerbé et son combat incessant contre le mensonge et la langue de bois, les journalistes de LaPresse ont inventé un genre nouveau: la chronique des évènements qui n'ont jamais eu lieu!! Eh oui, comme vous pourrez le voir ci-dessous (ou en cliquant ici si vous n'en croyez pas vos yeux), le fameux concert annulé malgrè les cris et les larmes d'une flopée de fans a bien eu lieu.



Comment avons-nous osé en douter?? ... nos amis nous ont mentis, ils ont bien assisté à un concert!! Mieux encore ils se sont tellement éclatés rien que devant la première partie, qu'ils sont tombés dans les pommes et ne se sont souvenus de rien en se réveillant!!

J'ai mis un bon moment avant de comprendre ce qui se passait... "Est-ce vraiment possible? C'est peut être moi qui confonds ... mais non!! c'est bien de ce même concert qu'on parle!! ... Cet artiste devait se produire en première partie d'Anathema. Mais de quel concert ils parlent alors? Qu'est-ce que c'est que ce "Dans les coulisses, juste après le concert, il nous a avoué..." et ce "Tous ceux qui étaient présents au cours de ce concert ont été ravis de la prestation de cet artiste...". MAIS DE QUOI IL PARLE CE MEC????"

C'est un poisson d'avril hein? avouez !! :D

Il est marrant ce journaliste, ou devrais-je dire ce magicien? ce scientifique ayant trouvé la dimension parallèle où tous nos rêves se réalisent?? ... il en a de la chance!! il devrait emmener les fans avec lui dans sa machine à réinventer le temps la prochaine fois. Puisque nous ne sommes pas capables de mieux nous organiser, partons à l'aventure dans la capsule de téléportation ... il parait que des concerts fantômes ont lieu de l'autre côté!!! Passez la nouvelle vite vite!! enfin tous vos rêves se réaliseront grâce à l'invention d'un certain M.B., journaliste et grand reporter, scientifique fou à ses heures!!!!

Décidément, ça pue de plus en plus.1984 est à nos portes!! Versons une larme...

Saturday, April 11, 2009

Moment historique: Le tout premier tirage d'une gloomy photo débarque chez MetallicNaddou

Comme vous pouvez le constater, filmer un moment historique d'une seule main n'est pas super facile, mais ce fût un grand moment !! :D

En attendant que l'artiste vienne me la signer sur place ;)

video

Monday, April 06, 2009

Mascarades: L'épisode Anathema



Tout à ma joie d'aller voir mon groupe préféré en concert, j'ai appris il y a quelques jours que le groupe Anathema devait se produire à l'Acropolium de Carthage. J'avais trouvé la nouvelle sympathique et le choix du lieu original, et me réjouissais qu'à défaut de partager mon aventure métalleuse avec certains de mes amis, ils pourraient eux aussi profiter d'une soirée musicale à leur goût.

Sauf que voilà, la déception ne se fit pas attendre, et de la pire des manières, puisque le concert a été annulé le jour même, et que l'annonce en a été faite si tard, que groupe, fans et organisateurs étaient quasiment au même moment en train de découvrir qu'ils ne profiteraient pas de leur soirée sur les marches de l'Acropolium. Les raisons étaient, en apparence du moins, en rapport avec des "autorisations".

Cette histoire m'a mis la puce à l'oreille. Car bien que m'attendant de nature à toutes sortes de catastrophes typiquement tunisiennes quand il s'agit de faire les choses comme il faut, je me disais "Tout de même! le ou les organisateurs ont certainement pensé à ce type de détails suffisamment à l'avance!! ils ne sont pas débiles!!".

Il ne m'a fallu que très peu de temps, et je n'ai même pas eu besoin de gratter, pour que la puanteur commence à se faire sentir. Rumeurs, seules sources d'informations sur cette terre. Dans un pays qui s'enfonce petit à petit dans la culture de la bassesse, des combines et des tacles calculés, comment pourrait-on reprocher à n'importe quel individu d'user de manigances pour atteindre ses objectifs? Les plus grands donnent l'exemple, le reste suit. Du coup, ces rumeurs ont valeur d'illustrations, et on s'habitue à ne plus les remettre en question tant elles sont crédibles aux yeux de tous ceux qui, habitués à tant d'histoires rocambolesques, ne sont plus surpris par rien. Mais posons-nous quand même les questions ...

De même que les commerces, les industries, les banques, les biens et les sous, la culture sous toutes ses formes seraient-elles aussi devenue un terrain de jeu pour les manoeuvres, les pièges, les complots ridicules?

Les bruits ont vite circulé. Il paraitrait qu'on ait sorti du chapeau la carte populaire et bien pensante de "la protection de la jeunesse tunisienne des influences néfastes d'oeuvres violentes et diaboliques". On l'aurait presque oublié celle là, et on avait tort d'en minimiser les effets à long terme. Quelques mots glissés dans la bonne oreille, quelques rumeurs pour créer l'inquiétude et le doute ici et là, et le tour est joué? Aurait-on attiré l'attention de quelques responsable sur le danger que représentait ce petit concert sans conséquence? Aurait-on tenté de faire peur aux artistes sur la situation dans le pays? Beaucoup vous le diront, peu seraient capable de prouver avec certitude ce qui s'est réellement passé du début à la fin, mais il y a anguille sous roche.

On aurait presque envie de rire et de balayer ces hypothèses avec un sourire, et je suis tentée de le faire. Sauf que conformément au proverbe tunisien qui veut qu'un lépreux se trahit en se grattant, il y aurait des individus qui nient un crime dont on ne les aurait pas accusé. Alors serait-ce une confirmation des rumeurs ou une simple coïncidence?

Le doute devenait encore plus grand quand, deux jours plus tard, alors que le concert initialement décalé devait enfin avoir lieu, le report devint une annulation.

Un simple problème de formalités aurait-il donné un tel feuilleton de mésaventures? Cela irait-il dans le sens des rumeurs? Qui tente-t-on de tromper? Dans quel but? Quels intérêts se cachent derrière ces mésaventures?

A ces questions répondent un déluge de rumeurs, et la puanteur ...

Saturday, April 04, 2009

"Nous resterons sur terre" ... non pitié cassez-vous!!


J'ai longtemps hésité pour savoir si je devais publier ce post ici ou plutôt sur mon blog ciné. Je devais initialement faire une critique du film, et je me suis rendue compte que c'était plus que ça, d'où mon choix final...

Tout a commencé il y a quelques jours quand j'ai reçu un email m'invitant en tant que "cher blogueur" à une projection en avant première d'un film "important", sur l'environnement, soutenu, tenez-vous bien, par l'Unesco!

Il s'agissait de "Nous resterons sur terre", et la projection devait avoir lieu, justement, dans les locaux de cette prestigieuse organisation.

Alors dans une tentative de me forcer à sortir plus souvent après une triste période d'hibernation qui n'a que trop duré, je me suis dit "tiens, je vais trainer Moon's Girl avec moi, et nous allons débarqué à l'Unesco, ça nous fera un aventure, et il y a un film à la clé.

Nous sommes donc arrivées hier soir, après une dure semaine de boulot, encore cassées par le concert de mercredi, au 127 avenue de Suffren, pour trouver, ENCORE, une longue file d'attente.

Sauf que contrairement au sympathique attroupement de métalleux débarqués des quatres coins de la France que nous avons côtoyé deux jours plus tôt, les énergumènes qui étaient là me ramenèrent vers d'étranges souvenirs. Je me suis vue il y a quelques années, à une de ces nombreuses soirées de l'octobre musical à l'acropolium de Carthage, entourée de pseudo intellos guindés poussant des Ohh et des Ahh devant un violoniste ou un musicien de jazz afin de montrer à la terre entière à quel point ils étaient distingués et combien ils avaient bon goût. Cela commença par m'amuser, et profitant de notre langue complètement étrangère aux oreilles de la foule, nous avons bien rigolé en descendant allègrement les dames aux robes fleuries (assorties au sujet du film!) et les costards au pantalon trop court des grands blonds.

Nous sommes donc entrées dans l'illustre bâtiment pour nous installer parmi ces figurines en précieuse porcelaine, et nous avons attendu le début des festivités. Et voilà que sous les applaudissements du public, deux grands hommes dont un ministre, sont venus nous divertir avec leurs discours convenus et ennuyeux, louant l'Unesco, le film, la glorieuse cause du développement durable, et se congratulant eux mêmes ainsi que l'assistance d'être là! Cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille, mais nous tentions de ne pas sombrer dans un profond sommeil et n'avions pas la force de fuir...

J'étais en attente de ce qui allait se produire sur l'écran. Je m'attendais à être emportée par les images fortes, les vérités édifiantes, et les propos sages d'une poignée de grands hommes et femme dont j'allais boire les paroles. Puis le film commença.

Comment vous expliquer mon irritation, mon ennui, ma déception? Ce film, loin de faire prendre conscience de quoique ce soit oscille entre l'effet somnifère, la recherche désespérée d'une philosophie derrière des banalités, des clichés, des images froides, des accélérations, des oppositions entre le rythme des civilisations et celui de la nature (quoi de plus rabâché?), des effets grandiloquents, des ralentis et de la succession de musiques et de silence. Tout ceci ponctué ça et là de quelques paroles indignes de ceux qui les ont prononcées, et certainement recueillies à l'occasion de mini interviews d'un quart d'heure chacun où ces personnalités devaient résumer en trois phrases leur vision pertinente.

Cela se voulait "précieux", intello, philosophique, spirituel, humain. Cela voulait émouvoir, faire réfléchir. Pourtant, je n'en ai tiré qu'une profonde impression de mépris prétentieux.

Au bout d'une heure et demi de recherche du temps perdu, les applaudissements chaleureux de cette même foule de précieuses figurines accompagnèrent tout le générique de fin. A tel point que nous nous sommes regardées, abasourdies, en nous demandant si l'assistance avait eu accès à des substances illicites durant la projection.

Et le pire nous attendait encore. Car les deux "grands" réalisateurs montèrent sur scène avec une dame dont je n'ai pas retenu la fonction, et dans une orgie de tutoiements et de tendres félicitations (car nous étions entre gens bien) s'étalèrent sur "l'oeuvre"!!

Notre exaspération a atteint un sommet quand la dame en question, s'adressant à tout le monde - ou peut être à elle-même - s'exclama "ENFIN! un film HUMANISTE sur l'environnement!!!"

J'avoue avoir eu une légère nausée. Qu'est-ce que c'est que cette mascarade? Quel culot et quel prétention?? Quel ramassis de clichés! et surtout quel mépris?!!!

Alors ces deux énergumènes, en créant un clip sans goût ni fond sur la verdure, l'abattage de poulets et le rythme effréné de la civilisation moderne, ont façonné un chef d'oeuvre humaniste sur l'environnement???

Et les autres alors? trop méconnus? pas assez médiatisés? pas suffisamment "distingués"? Pas soutenus par l'Unesco?

Moi quand j'ai envie de voir les beautés menacées de la terre, et les effets pervers de l'action humaine sur l'environnement, je préfère me tourner par exemple vers Yann Arthus-Bertrand (dont j'attends "Home" avec impatience), et je n'ai pas à en avoir honte. Là je suis vraiment bouleversée, là je réfléchis vraiment, là je tente de modifier mes habitudes, je prends conscience des dangers, et je m'émeus devant la nature!!

Dans un mélange de dégoût et de profonde déception devant cette foule et cet organisme qui jadis me fascinait par sa noble mission et ses valeurs, je me suis tournée vers mon accompagnatrice, et dans un même mouvement brusque, nous nous sommes levées et nous avons couru vers la sortie.

Alors c'était ça? l'Unesco promouvant le développement durable en diffusant des oeuvres "importantes" ... c'était ça?

Quelle déception! Quand je pense qu'à une époque mon rêve était de travailler un jour pour cette organisation qui devait me permettre de donner un sens à ce que je faisais, d'être fidèle à mes convictions et de contribuer, ne serait-ce qu'un tout petit peu, à changer le monde avec les seuls armes auxquelles je crois: la culture et l'éducation!! Je me suis trouvée ainsi, portée par mes espérances, assistant à une mascarade digne d'une campagne électorale tunisienne ... je vous laisse imaginer la ferveur des applaudissements, et la profondeur du discours ....

Que pourrais-je dire d'autre à part ... Dommage!

Thursday, April 02, 2009

MetallicNaddou is not a Metallica Virgin anymore !!

Des mois d'attente. A l'époque où nous avions acheté les billets, c'était la course, il fallait être devant un poste connecté à internet à 10h pile pour les avoir dès leur mise en vente. Il fallait choisir qui de nous deux pouvait être absolument sure d'être au bon endroit au bon moment! ...

Et puis ENFIN! après des mois d'excitation à l'approche de la date fatidique, des années d'espoir et d'attente d'une occasion pareil, moi MetallicNaddou, j'ai assisté à mon premier concert de ... METALLICAAAAAA

Par où commencer? Par la queue sous soleil deux heures avant le début des festivités? Les heures passées debout en tentant désespérément de faire des étirements pour ne pas flancher? ...

J'étais dans cette salle avec Moon'sGirl, un peu trop calme et sage, avec mon petit t-shirt et mon gilet noué autour de la taille, les cheveux ramassés en chignon tout ce qu'il y a de plus correct, j'étais une jeune femme civilisée, les bras croisée devant une scène vide, regardant la foule autour d'elle et disant: "bah ça va, c'est pas des sauvages, on ne va pas se faire écraser ...". Ce que je ne savais pas à ce moment là, c'est que non seulement je me fourrai le doigt dans l'oeil concernant mes voisins en apparence aussi civilisés que moi, mais c'est aussi que j'allais moi même me transformer en créature incontrôlable que personne n'a jamais vu, même pas moi!

Tout avait commencé dans un boucan d'enfer, et pas des plus agréables. La première partie débuta par une mini torture de trois ou quatre titres de The Sword auxquels nous n'avons rien compris. La batterie était le seul instrument à produire un son à peu près intelligible, le reste n'était qu'une masse compacte de "bruit" ... je commençait à douter de ma qualité de MetallicGirl ... L'inquiétude s'installait dans la foule... Quelques réglages, les lumières s'éteignent à nouveau pour laisser entrer Machine Head, avec un son un peu plus vivable. Mais l'inquiétude ne partait pas encore. J'étais là, exactement dans la même position, avec mon chignon, mes bras croisés, dodelinant à peine la tête dans une tentative de m'intégrer ... les gens autour de moi n'avaient pas l'air particulièrement excités non plus ... pas tant que ça, pas autant qu'on pourrait l'imaginer.

Allais-je être déçue? Après tant d'attente et d'impatience ... moi assister à mon premier concert de Metallica dans cette ambiance un peu bizarre?

Deux heures après les premières notes, nous étions crevées de fatigue, les genoux ne tenaient plus, le dos était endolori, l'angoisse montait ... et puis soudain, les lumières d'éteignent et les premières notes de The ecstasy of gold se font entendre. Et là, la transformation a été totale, la chaleur a augmenté d'un cran, immédiatement, les rangs se sont resserrés, les hurlements commençaient à se faire entendre, la position bras croisés n'était plus permise pour des besoins de respiration, et j'étais là, les yeux grands ouverts, excitée comme une puce, mon téléphone à la main, quand soudain, j'entendis ma propre voix accompagner les autres ...

Et à l'instant où des silouhettes apparurent sur scène, la jeune femme sage et réservée que j'étais se trouva transportée par la foule dans tous les sens sur 3 mètres à la ronde, hurlant et riant à gorge déployée, cherchant à s'assurer que son accompagnatrice ne s'était pas faite écraser, les yeux écarquillées et le sourire béat quand les premières notes de guitare ont retenti!!

Comment vous raconter un concert de Metallica dans la fosse à trois mètres de la scène ?? ça ne se raconte pas, ça se vit! C'est de la folie pure, on doit souvent choisir entre respirer et chanter, entre prendre une petite video de son idôle ou repousser de son avant bras le dos de la personne qui est devant et qui menace de vous assassiner en vous écraser la cage toracique.

Mais choisir entre la jeune femme au chignon et la sauvage aux cheveux qui se sont détachés tout seuls et sont partis vagabonder dans tous les sens, le t-shirt dégoulinant de sueur et la tête aspergée d'eau fraiche, la gorge déchirée par les hurlements, les rires et les chansons, les bras levés bien hauts et les mains faisant le signe des cornes du diable agitées furieusement, ... c'est tout à fait caduc! car le choix s'est fait instantanément. Ce n'était même pas un choix à vrai dire, c'est comme je l'écrivais plus haut, une transformation immédiate qu'on ne peut empêcher.

De la folie pure, les agents de sécurité versaient de l'eau fraiche dans la bouche des pauvres âmes errantes que nous étions pour nous empêcher de tomber comme des mouches, le son excellent qui se dégageait des énormes enceintes nous a fait immédiatement oublier les mésaventures de première partie, le feu qui jaillissaient des bords de la scène nous brûlait le visage, nos cordes vocales étaient à deux doigts de déclarer forfait, nos héros étaient complètement lâchés dans une performance tellement énorme qu'on se demande comment on pourra les écouter à nouveau sur des lecteurs MP3,cela n'aurait plus jamais de goût!! ... et nous étions en transe!!

Assister au concert de Metallica dans les gradins?? Ne me faites pas rire! .. j'ai pris un risque et ne le regrette pas du tout. Moon's Girl et moi étions seules, et nous nous sommes éclatées comme jamais!! ... nous avons vécu une soirée des plus exaltantes et des plus dingues de notre vie, et c'était le pied !!!!!!

A la fin, toute la folie est retombée d'un coup, et je me suis rendue compte que j'étais dans un état physique des plus lamentables, les articulations en compote, la nuque douloureuse à force de headbanging et la peau meurtrie par les bousculades ... quelques bleus étaient probablement en cours de formation.

Des amis ayant assisté au même concert dans les gradins avaient l'air parfaitement civilisés, eux, à la sortie:

"Bah qu'est-ce qui vous est arrivé? ... pourquoi vous êtes dans cet état?? et elles sont où vos lunettes??"

Moi: "Hein? vous êtes qui vous ... ahhh .. mais où est-ce que je suis? ... et pourquoi tu me parles de lunettes?? tu crois vraiment qu'on porte des lunettes dans la fosse ! :D "

"Salut, moi c'est s..."

Moi - "Hein? ... ah salut! ... Moi c'est ... !!!! ... euh ... je sais plus, demande aux autres"

"Mais qu'est-ce qu'il y a? on était au même concert que vous!!"

Moi "QUOI ??? ... HAHAHA ... excuse moi mais vous avez vécu quelque chose ... nous avons vécu autre chose ..."


Des loques, voilà ce que nous étions ... mortes de fatigue, mais mortes de rire, d'excitation, un peu dans la quatrième dimension ... Et nous sommes rentrées, directement sous la douche ... j'ai sérieusement envisagé de jeter mes vêtements à la poubelle vu leur état ... et après l'eau chaude et un litre d'eau dans le ventre, je me suis étalée dans mon lit, des sifflements dans les oreilles, les talons douloureux, le cerveau agité, et j'ai peu à peu sombré dans un sommeil réparateur ...




De mémoire, nous avons eu (par forcément dans l'ordre mais je fais de mon mieux pour me rappeler déjà :D):

The ecstasy of gold
The end of the line
Harvester of sorrow
One
Master of puppets
Cyanide
The day that never comes
Judas kiss
Enter sandman
seek and destroy
The unforgiven
Nothing else matters
Damage Inc.
Sad but True

... je ne sais plus quoi d'autre ...

quelques notes volées dans un moment de calme dans la foule:

video

Sunday, March 22, 2009

Obama réinvente la diplomatie

Il y a deux jours, à l'occasion du Nowruz (nouvel iranien), le président américain, Barack Obama, a réinventé la diplomatie en faisant diffuser sur YouTube un message de 3 minutes et demi sous titré en farsi au peuple iranien et à ses dirigeants. Il profite ainsi d'une occasion festive et d'un outil populaire pour faire ce qui n'a jamais été fait avant, s'adresser directement, sans craindre que ses propos soient déformés ou sortis de leur contexte, en quelques mots, aux iraniens, pour faire parvenir sa vision diplomatique des tensions entre les USA et l'Iran, et les moyens selon lui de parvenir à les dépasser.

Un coup de de com génie, et ça marché. En deux jours, la video a été échangée et largement diffusée en Iran, et il y a même des "réactions" d'opposants au régime iranien espérant être entendus par le même biais.

Internet comme l'ultime outil de dialogue interplanétaire ... et si c'était possible?

Pour ceux qui n'ont pas accès à Youtube, je vous invite à regarder la video ci-dessous:

Saturday, March 14, 2009

Ramadan et l'heure d'été ne feront plus bon ménage

Je viens d'apprendre ça ici: les tunisiens ne verront plus l'heure d'été rallonger leur supplice pendant le mois de Ramadan. Une solution radicale a été choisie: plus d'heure d'été!!

En vertu d’un décret en cours de publication
L’heure légale maintenue durant toute l’année


Le Premier ministère annonce dans un communiqué qu’en vertu d’un décret en cours de publication, il a été procédé à l’annulation de l’ajout d’une heure à partir du dernier dimanche du mois de mars au dernier dimanche du mois d’octobre.

Cette mesure intervient en raison du fait que le mois de Ramadan coïncide avec la période concernée par l’heure d’été, précise le communiqué.

L’heure légale sera, ainsi, maintenue sans changement tout au long de l’année.



Je trouve cela un peu comique.
L'utilité ou l'inutilité de l'heure d'été n'est pas du tout la question apparemment. Tout est fait pour des raisons "d'ordre pratique", des questions de "confort".

Je trouve pour ma part que cet argument est typique d'une société comme la nôtre où l'on change la loi et les dispositions administratives en fonction, disons le clairement, de l'appel de l'estomac.

Par ailleurs, l'argument est extrêmement faible, car de même que l'heure d'été implique que la rupture du jeûne intervient virtuellement plus tard, il ne faut pas oublier que le début du jeûne commence lui aussi une heure plus tard. Le nombre d'heures ne change pas. Au final, on rend service à ceux d'entre nous qui jeûnent mais ne veulent pas se lever tôt le matin.

Décret en faveur des gourmands paresseux ... Bienvenue en Tunisie :)
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