Ce matin je me suis réveillée en sursaut au son de la sonnette pour aller découvrir devant la porte de chez moi un petit monsieur en bonnet, un sac en plastique à la main qui, avec force prières, me demandait quelques citrons de notre jardin. Accédant à sa demande, j'ai pris ma dose de prières de bon matin. Quoi de mieux pour commencer la journée?
Je me suis dit alors que ces petites choses n'arrivent pas là où j'ai choisi de partir. Ici, il y a un contact naturel entre les êtres humains qui vous rappelle que vous faites partie d'un même groupe, que vos arbres donnant sur la rue ne sont pas là pour faire joli, qu'il y a des gens qui paient ce qui leur semble être une fortune pour des fruits que vous n'avez pas le temps de consommer. Mieux encore, un geste simple peut vous valoir non pas un remerciement, mais une reconnaissance qui pourrait même vous mettre mal à l'aise parce que vous vous rappelez que ce qui vous semble anodin, et que les choses que vous avez et auxquelles vous ne faites même plus attention sont une source de grande satisfaction pour d'autres.
C'est vrai que je fais partie de ces gens que les regards scrutateurs des passants dans la rue dérange. Je déteste la promiscuité imposée et j'aime pouvoir passer inaperçue dans la foule. Mon départ m'a permis de retrouver cette liberté de marcher dans la rue et d'agir comme bon me semble sans que cent paires d'yeux ne suivent mes faits et gestes, de faire mes courses sans que le caissier et les gens qui font la queue derrière mois n'analysent le contenu de mon panier, et de bien m'habiller pour sortir sans attirer plus d'un bonsoir mademoiselle poli dans la rue, et c'est un avantage dont j'apprécie la valeur chaque jour.
En revenant à Tunis, contrairement à ce qu'on pouvait penser, ces petits détails ont perdu un peu de leur importance. Non que cela me dérange moins, mais peut être que j'ai perdu l'habitude et que cela devient un peu amusant. J'avais oublié qu'un jean et une tête de koala mal réveillé suffisaient à attirer la bande de dragueurs de l'Avenue et que les gens se divertissent en regardant leurs concitoyens bouger à côté d'eux. On s'amuse comme on peut finalement ...
Je me suis dit alors que ces petites choses n'arrivent pas là où j'ai choisi de partir. Ici, il y a un contact naturel entre les êtres humains qui vous rappelle que vous faites partie d'un même groupe, que vos arbres donnant sur la rue ne sont pas là pour faire joli, qu'il y a des gens qui paient ce qui leur semble être une fortune pour des fruits que vous n'avez pas le temps de consommer. Mieux encore, un geste simple peut vous valoir non pas un remerciement, mais une reconnaissance qui pourrait même vous mettre mal à l'aise parce que vous vous rappelez que ce qui vous semble anodin, et que les choses que vous avez et auxquelles vous ne faites même plus attention sont une source de grande satisfaction pour d'autres.
C'est vrai que je fais partie de ces gens que les regards scrutateurs des passants dans la rue dérange. Je déteste la promiscuité imposée et j'aime pouvoir passer inaperçue dans la foule. Mon départ m'a permis de retrouver cette liberté de marcher dans la rue et d'agir comme bon me semble sans que cent paires d'yeux ne suivent mes faits et gestes, de faire mes courses sans que le caissier et les gens qui font la queue derrière mois n'analysent le contenu de mon panier, et de bien m'habiller pour sortir sans attirer plus d'un bonsoir mademoiselle poli dans la rue, et c'est un avantage dont j'apprécie la valeur chaque jour.
En revenant à Tunis, contrairement à ce qu'on pouvait penser, ces petits détails ont perdu un peu de leur importance. Non que cela me dérange moins, mais peut être que j'ai perdu l'habitude et que cela devient un peu amusant. J'avais oublié qu'un jean et une tête de koala mal réveillé suffisaient à attirer la bande de dragueurs de l'Avenue et que les gens se divertissent en regardant leurs concitoyens bouger à côté d'eux. On s'amuse comme on peut finalement ...

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