
Il y a deux jours, les observateurs constataient que le traitement de la visite d'état de Sarkozy (Super Mario pour les intimes) par la presse israélienne était des plus intéressant. En effet, non seulement l'évènement ne faisait pas la Une partout (malgrè la rareté de ce genre de visites), mais les rapports qui en étaient faits portaient plus sur les propos du président français concernant le nucléaire iranien que sur ses déclarations à propos du conflit israélo-palestinien. Ainsi sont passées (presque) à la trappe ses belles paroles sur la paix, la nécessité de créer un état palestinien et de geler la colonisation, ainsi que son soutien au concept idéaliste d'une capitale -Jérusalem- pour deux états. Pourant, l'orateur a couvert d'éloges ses interlocuteurs, ménageant leur susceptibilités, flattant leur égo et louant leur courage, rien n'y fait, quand on touche aux sujets sensibles, tout bon mot n'est pas bon à diffuser.
Pourtant ces mêmes paroles étaient largement reprises par la presse palestinienne, signe flagrant que la prise de position Sarkozy a plus satisfait les uns que les autres, et que certains continuent d'éviter soigneusement de faire face à quelques réalités évidentes.
D'un autre côté, on ne peut pas dire que les propos du président français soient surprenants. On croirait même qu'il y a une sorte de concertation discrète entre dirigeants du monde et mêmes de certains candidats tels que Obama) qui tout en affichant toujours leur "soutien indéfectible" à l'état hébreux, commencent à parer leurs discours de quelques mots-clés.
Cela veut-il dire pour autant que la pression augmentant et se diversifiant, Israël voudra satisfaire ses "amis"? rien n'est moins sur quand on a déjà entendu la chanson avant. A moins que le ras-le -bol de tout un pan de la société israélienne de l'éternel conflit et la mémoire lourde de ceux qui y participent tous les jours, agrémenté d'un manque de confiance en des dirigeants très critiqués profitent finalement à un jusque là utopique plan de paix grâce à une pression venue de l'intérieur.
De son côté Sarkozy, après avoir longuement et à maintes reprises témoigné sa sympathie pour le peuple israélien, se fait de nouveaux amis de l'autre côté du mur. Ici aussi, les effets ne sont pas garantis. Car si Sarkozy se met les pro-Abbas dans la poche, il n'attirera certainement pas l'affection des pro-Hamas. La société palestinienne oscillant elle-même entre deux camps aux méthodes, à l'intégrité et à l'idéologie discutables, tout ceci peut s'avérer être plus bénéfique pour l'image de Sarkozy "homme de paix" du moment, que pour la situation en elle-même.
On pourrait être encore plus pessimiste en pensant à un risque pour que les tensions entre camps opposés, du côté israélien comme du côté palestiniens en soient ravivées, à moins, encore une fois, que les populations concernées fassent part de leur profond épuisement.
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