Thursday, August 28, 2008

L'art de la présentation


Mon chef me répète toujours: "Tout dépend de la façon dont tu présentes l'information". Autrement dit, tu peux raconter un truc discutable, si tu le présentes bien, le client ne fera aucune remarque ...

Eh bien les clients de LaPresse, ce sont les pauvres truffes que nous sommes.




Je ne sais pas pour vous, mais j'ai l'impression qu'on essait de nous vendre ça comme une "bonne nouvelle".

Depuis quand est-ce qu'avoir besoin de recevoir sa prime de rendement en avance pour pouvoir respirer est-elle une bonne nouvelle?


Wednesday, August 27, 2008

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de ... problèmes!


Aujourd'hui ma séance de rattrapage blogosphérique pendant la pause a été consacrée au chef spirituel de la prise de tête blogosphérique, j'ai nommé Tarek ... (oh ça va je plaisante ;) ). En parcourant en diagonale certains de ses posts, découvrant au passage que, blogosphériquement parlant, j'étais centre gauche libéral, un post a attiré mon attention. Sujet: Divorcer en Tunisie.

L'angle de vision de Tarek était la réaction sociale au divorce, point qui m'intéresse fortement d'ailleurs de par l'hypocrisie monumentale qui existe encore à ce niveau. En ce qui me concerne, ce thème m'évoque autre chose, un questionnement, et une tentative d'analyse.

Tout le monde a constaté qu'effectivement, le divorce est devenu un phénomène de société. De plus en plus de couples, souvent jeunes, choisissent de mettre fin à leur union, parfois quelques mois seulement après la signature du fameux contrat. Et tout le monde de s'étonner et de crier à la catastrophe et au délitement de la société tunisienne et de la famille tunisienne et à la détérioration des moeurs en Tunisie ...

Personnellement, et bien que les chiffres soient importants, je n'ai jamais été étonnée. Je ne fais que constater avec beaucoup de regret une conséquence attendue de l'incohérence socio-culturelle qui règne.

Je m'explique. Grâce à mes observations - et par observations je désigne toutes les unions auxquelles j'ai assisté dans mon entourage proche, parmi mes amis et dans ma famille, mais large aussi et que j'ai suivies de près ou de loin- je suis arrivée à un certain nombre de conclusions qui n'engagent que moi bien entendu:

- Je constate dans un premier temps qu'aujourd'hui encore, beaucoup de jeunes se marient d'une façon traditionnelle. C'est à dire qu'ils font connaissance dans le cadre familial ou dans un cercle de connaissances limité, sous l'œil attentif des parents, et suivent dans leur relation des règles précises de conduite. L'homme se présente officiellement pour "faire connaissance", processus qui dure quelques mois avant officialisation de la relation et passage à l'acte. Ce processus se déroule plus ou moins sous surveillance selon les familles, mais très souvent, il n'autorise en aucun cas une intimité ou une exploration poussée du comportement et du caractère de l'autre au quotidien.

Je n'ai pas d'objection à émettre sur cette façon de faire. C'est un choix. Cela peut même très bien se passer. Le problème est qu'à cette façon de faire traditionnelle s'oppose une évolution de la société et de la psychologie masculine et féminine qui rend le schéma très fragile.

Je m'explique encore: quand, il y a des décennies, cette façon de faire était de rigueur, les attentes des hommes et des femmes étaient différentes. On cherchait en priorité un partenaire avec un certain nombre de critères liés à la famille, l'éducation etc. sans aucune autre attente. Tout ce qui peut consolider la relation n'était qu'un bonus, et si cela se passait mal à un autre niveau (intime, relationnel, etc.) c'était, en général, un problème à gérer mais pas un obstacle à la poursuite de l'union. Le schéma était donc cohérent. Une procédure familiale débouchait sur une construction familiale où l'intérêt de la famille était prioritaire, et où le maintien du noyau familial était une obligation à partir du moment où les critères que j'ai cités étaient satisfaits.

Depuis, tout a changé. Tout d'abord, les hommes et les femmes ont d'autres aspirations. Il y a des carrières en jeu, il y a de la sentimentalité au centre des relations, il y a des frustrations dues au décalage de l'âge moyen des nouveaux mariés, au tabou de la sexualité réprimée ou cachée, il y a des considérations matérielles qui prennent le pas sur les fameux concepts de "bonne famille" et de "bonne entente", "bonne éducation", etc. Et surtout, il y a un énorme égo à contenter des deux côtés.

Beaucoup trop d'éléments qui changent complètement la donne, et les gens se retrouvent à appliquer des schémas "de sécurité" qui sont voués à l'échec parce que ne correspondant pas à leurs attentes réelles, souvent refoulées et ignorées ou sous estimées. On pense faire ce qu'il y a de mieux et de plus raisonnable, mais c'est comme si on achetait un objet qu'on croit devoir acheter alors qu'il ne satisfait pas le besoin que l'on a.

- De plus, je me permets de m'attarder un point en particulier dans tout ceci: l'intimité des couples. Pour des raisons socio-culturelles que nous connaissons tous, la plupart des relations en Tunisie c'est, au mieux, passer quelques heures par semaine dans un salon du thé à se sourire, à se sortir de bons mots et à discuter maison et voiture. Bon j'admets que c'est un peu caricatural. Mais ce n'est pas si éloigné de la réalité.

Un couple en Tunisie, même si la relation avant le mariage dure des années, ne construit que la surface, la façade, le côté pratique, les bons moments, le fond est laissé à plus tard, après le mariage.

Encore une fois, ceci ne poserait pas de problème si l'ensemble était cohérent. Et encore une fois, il y a des éléments qui changent la donne. Maintenir ce schéma avec les nouvelles attentes, c'est comme penser que la vie de couple est un roman Arlequin (non que je sois experte en matière de littérature à l'eau de rose, mais bon, on utilise les références qu'on peut ...).

Passée la cérémonie et la traditionnelle semaine de tapage et de soirées on l'on dégouline de sueur, la porte se referme sur deux jeunes gens qui ne se connaissent finalement pas du tout.
Il y en a un qui dort avec ses chaussettes sales, et une qui se réveille le matin avec une tête de gorille. Il y en a un qui aime manger des glibettes dans le salon quand l'autre est une maniaque du ménage. Il y en a un qui veut suivre tous les matchs de foot et les émissions de sport quand l'autre se jetterait par la fenêtre si elle ratait un épisode d'un feuilleton turc (que je ne citerai pas pour éviter les cris et les larmes ... ).Il y en a un à qui sa mère a fait croire que la fonction première de la femme c'est de lui masser les doigts de pieds une fois son ménage et sa cuisine faite, quand l'autre a été élevée au Nanan pendant que la bonne préparait le couscous. Il y en a un qui a une expérience sexuelle imprégnée de libertinage et illustrée de positions incongrues et d'affaires expédiées en 10 minutes quand elle s'attend à être caressée toute la nuit allongée sur le dos ...

Bon je m'égare là ...

Cette difficulté à s'adapter à la vie à deux et à l'intimité et aux travers et défauts de l'autre est un problème vieux comme le monde. Mais de même que ce que j'ai dit auparavant, tout ceci ne pouvait constituer un sujet de discorde grave et menant à la demande de divorce à une certaine époque. Aujourd'hui, la fameuse phase d'adaptation, évaluée à 6 mois au minimum, fait apparaître des problèmes "volontairement occultés" alors que chacun est conscient au fond de lui-même qu'il a des attentes et des espérances, des exigences même qu'il ne prend pas le temps d'analyser pour voir si la personne choisie pourrait correspondre.
Plus important encore, j'ai l'impression que beaucoup de gens ne se laissent pas ce temps là. Ce temps d'adaptation pendant lequel on se dispute, on a peur de s'être trompé, on se remet en question ... on ne se le donne pas. Comme si ce n'était pas prévisible, attendu, évident que cela devait se produire ainsi. Comme si les rencontres dans un salon de thé tous les samedis après-midi garantissaient de facto la création de rapports solides, d'une complicité à toute épreuve. Et surtout comme si épouser quelqu'un voulait dire qu'il ferait don absolu de lui-même alors qu'on aurait rien à changer soi-même.

En résumé, un schéma du passé appliqué à des attentes d'aujourd'hui. Une incohérence, une incompatibilité, une inadaptation des attentes de chaque individu et même du couple, je dirai même une naïveté, ou un manque de confiance, une tendance à vouloir tracer un plan en ignorant un élément important: sa propre humanité.

Pour moi cette affaire n'explique pas tous les divorces, mais beaucoup ... beaucoup d'entre eux.

Tuesday, August 26, 2008

Le Pacte VS. Facebook: match nul pour cause de fautes d'orthographe ...


Profitant d'un petit moment de répis après le déjeuner, je parcours rapidement quelques titres de posts sur mon Netvibes, et là, en plein milieu de la page, je vois le lien vers un post de notre gourou :

J'étais bien entendu au courant de ce fait, et poussée par la curiosité, je suis allée sur le site de ce vénéré pacte quand je vois s'étaler devant mes yeux deux messages très intéressants. L'ambiance est là, quelqu'un qui gueule en très mauvais français (je doute d'ailleurs qu'il soit capable d'un meilleur arabe), une autre personne qui gueule en retour pour nier la honte en aussi mauvais français, et un sujet de forum qui se limite à ces deux malheureux messages, sans aucun autre commentaire ni explication ... on pourrait croire que bien des yeux se sont posés sur ces énormes caractères et les ont ignorés ... on pourrait aussi penser que personne ne s'y est intéressé ...

Je trouve cela très révélateur. En un coup d'oeil, on peut faire un constat d'une grande importance sur bon nombre de thèmes clés: détérioration de l'éducation, quasi absence de réaction à la censure, faibles capacités de débat ... Le champ de vision est tellement large et il y aurait tellement à dire que finalement je ne sais plus quoi dire justement.

Désolant tout simplement ...
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