Il y a un an, je m'étais plongée dans une douce illusion. Je pensais avoir atteint une étape cruciale, un palier sur lequel je pouvais m'attarder, une forme de bonheur dont je pourrais me contenter.
Il y a un an, je m'étais drapée dans le costume de la jeune femme libre qui accepte un jour de faire des concessions. Ce que je ne savais pas, c'est que je ne faisais pas les bonnes.
En un an, beaucoup de choses ont changé. Un jour, je m'en rappelle précisément, j'ai effleuré du bout des doigts la première pièce de domino, saisie par un doute insupportable, perdue entre ma véritéet mon image, et l'édifice s'est écroulé sans que je puisse y changer quoique ce soit. J'ai cru un moment que c'était ma vie qui tombait en miettes. Je me suis effondrée, et j'ai beaucoup pleuré.
Au bout d'un an, j'ai ouvert les yeux sous le soleil. En laissant le temps faire son effet, je me suis rendue compte que ce je croyais avoir perdu n'avais pas l'importance capitale que je lui ai donné, et que ce que je gagnais était bien mieux.
Une leçon s'est imposée à mon esprit. Le véritable bonheur est celui que l'on construit pour soi par sa façon d'être, sans avoir à oublier ses convictions et ses attentes. La confiance et le respect qu'on mérite, les liens véritables que l'on construit, le plaisir tout naturel d'aimer des gens et de partager avec eux les petites joies quotidiennes.
En un an, des gens autour de moi ont tour à tour respecté mon silence et m'ont enveloppé de leur tendre protection. Des gens ont cru en moi et m'ont soutenue. Des gens m'ont poussé plus loin que je n'aurais jamais cru arriver.
En un an, je me suis découvert une nouvelle force. Au fond de ma tourmente, j'ai réussi à me réveiller tous les matins, à marcher dans le froid et à me plonger dans la vie au milieu des gens. J'ai même réussi à rire du fond du coeur des joyeux délires de mes complices de tous les jours. Et j'ai réussi à faire semblant devant mes proches que j'étais plus forte et plus sure de moi que jamais, quand au fond j'avais l'impression de disparaitre.
Il y a encore quelques semaines, j'ai cru que ce jour allait être très dur à vivre. J'ai eu l'illusion de la solitude et la vision brouillée.
Aujourd'hui, ces quelques personnes qui avaient assisté à ma mise à mort et à ma renaissance, ont été ma bouée de sauvetage et m'ont empêché de sombrer, sont toujours là, fidèles au poste.
Aujourd'hui, je vais bien. Plus libre et plus forte que jamais. Je me suis reconstruite, j'ai repris connaissance, et j'ai réussi à retrouver ma capacité de rêver.
Aujourd'hui, je prépare déjà mes prochaines réussites, mes nouveaux projets, mes nouvelles aventures.
Aujourd'hui, j'ai 29 ans. Merci à tous ceux qui s'en sont souvenu, et ceux qui s'en souviendront...
